- Tu as quelqu'un ?
- Je suis libre et invisible comme l'air.
lundi 1 juin 2009
jeudi 7 mai 2009
il suffit d'y croire
J'ai vu un saint aujourd'hui, lueur orangée dans les nuages.
Puis la voix divine de la SNCF a annoncé Saint-Cyr, tandis que la panneau lumineux projetait déjà un nouveau reflet sur la vitre nuageuse, Prochain arrêt : Fontenay-le-Fleury.
Puis la voix divine de la SNCF a annoncé Saint-Cyr, tandis que la panneau lumineux projetait déjà un nouveau reflet sur la vitre nuageuse, Prochain arrêt : Fontenay-le-Fleury.
samedi 7 février 2009
Débris blancs à l'ombre d'une poubelle
Ceux qui ont mauvaise conscience d'avoir perdu leur âme d'enfant rasent les murs. Sursis sans glisser - plus loin, à découvert, démarche chaloupée de Playmobils manchots. En avant les histoires... résumées en dépêches AFP - ils ont renoncé à dire, de ta boue j'ai fait de l'or blanc. Ils mélangent tout et gâtent les promesses des grandes vacances en les jetant sur les routes pour donner du sel à ce mois de février, revendeurs de sable, marchands au rabais, qui roulent les yeux hébétés - les rêves sont passés.
Et puis il y a ceux à la candeur de circonstance, qui ont délaissé leurs playmobils et font crisser autre chose que les pneus.
Puis la rue, l'irréalité fondent comme glace au soleil. Il faudra attendre les cornets d'été.
Et puis il y a ceux à la candeur de circonstance, qui ont délaissé leurs playmobils et font crisser autre chose que les pneus.
Puis la rue, l'irréalité fondent comme glace au soleil. Il faudra attendre les cornets d'été.
jeudi 25 décembre 2008
feu vert follet bleu arrière rouge
des miettes de phare dans les arbres
leurs flots immobiles et la rivière dans la rue
au cou de la ville
sur sa poitrine sourde près
d'un cœur des émeraudes des saphirs des rubis
se condensent sur la vitrine
piquetée de gouttes du bus
sur le sol étoilé et la nuit niée
par son néon
des miettes de phare dans les arbres
leurs flots immobiles et la rivière dans la rue
au cou de la ville
sur sa poitrine sourde près
d'un cœur des émeraudes des saphirs des rubis
se condensent sur la vitrine
piquetée de gouttes du bus
sur le sol étoilé et la nuit niée
par son néon
Nature (im)mort(alisé)e
Aujourd’hui a la même composition qu’hier, quelques objets en plus. Croquis d’un livre que l’on parcourt en stop. Des pages qui déchiffrent des tableaux et qu’on déchiffre à la loupe, les yeux pas encore dessinés aux pinceaux. Le rendu des drapés aussi dans le froissement de la couette ; y pèse la lumière de Vermeer. Persistance rétinienne, le papier cadeau encore froissé et le volètement métallique de leurs anglaises. Une Parque fronce nos joues et noue le fil quelque part dans les cheveux. Quelques accords plaqués or. Le silence en est. L’aile argentée de la fenêtre ; le temps passe toujours moins vite quand on ne le retient pas.
mardi 28 octobre 2008
Légende de quartier
Sur la façade d'un immeuble haussmannien.
Une Ondine frappe facétieusement
à la fenêtre et le long d'elle
ruisselle en giboulées blanches.
Son rire jaillit en continu.
Puis la vitre la réfracte
dans sa fontaine publique
et le bus s'éloigne
des gloussements joyeux.
Une Ondine frappe facétieusement
à la fenêtre et le long d'elle
ruisselle en giboulées blanches.
Son rire jaillit en continu.
Puis la vitre la réfracte
dans sa fontaine publique
et le bus s'éloigne
des gloussements joyeux.
samedi 25 octobre 2008
(((((((((((Je visite cette ville méditerranéenne, aux nuances chaudes mais au vent froid. La rive que je longe, un peu excentrée de la ville, est quasiment déserte. L’autre côté semble un peu plus animé ; même si les maisons sont enfilées comme les perles d’un collier oublié depuis bien longtemps sur une coiffeuse qui n’est plus guère visitée, j’aperçois deux personnes attablées devant l’immense pan de la boutique d’un bistro, écrin de bois sombre pour de riches conversations. Quelques rayons obliques réchauffent le blanc de la chemise du jeune homme, tandis qu’à côté de lui, des objets que je ne distingue pas renvoient quelques ternes éclats. Rendu curieux de leur vie, je m’engage sur le pont. Tout semble m’emmener vers eux : le vent qui me pousse amicalement dans le dos, comme pour encourager un enfant timide à aller saluer quelque grande personne aimable, les cyprès qui inclinent leur feuillage souriant et m’indiquent ainsi le chemin d’un coup de tête, le pont lui-même qui s’arrondit sous mes pas comme sous la main caressante le dos d’un chat ronronnant. Je me penche un instant au-dessus du parpaing pour vérifier que la présence d’un fleuve bien silencieux. Quand je relève la tête, force est de constater que l’eau a bien coulé sous le pont : les clients ont disparu et avec eux le bistro tout entier – mirage à l’envers d’une carte holographique.
- Tu ne devrais pas restée attablée ici, à boire.
- Tu le fais bien.
- Je ne risque pas de tacher une robe de deuil. Que va-t-on penser ?
- Si tu mets une robe, que tu fais le deuil de ta raison, mon garçon – de toute façon, il n’y a presque personne.
- Je me demande de quoi on a l’air, comme ça.
- De nous.
- Oui, mais si on ne se connaissait pas ?
- Alors nous aurions l’air…
- …de deux ivrognes.
- Non pas. D’une mère et de son fils… ou de deux amants, tiens, un peu marginaux, un peu rêveur…
- Et lui serait en train de lui décrire l’endroit lointain où il veut l’emmener…
- … une ville méditerranéenne aux contours irréels à force d’être nettement découpés par le soleil. Puis des cyprès qui ne seraient plus en deuil et agiteraient leur frondaison dorée.
- J’en prendrai un comme une plume pour la tremper dans le fleuve et créer cet endroit. L’encre même tournerait silencieuse mais avec de doux mouvements de tendresse, des débordements contenus, des odeurs fruitées et un goût enivrant. Le cercle du vin tangue dans son verre, dans sa main.
- Oui, je vois la même chose dans mon verre. Est-ce qu’on pourrait nous voir ? Quelqu’un ?
- Il s’évanouira comme un mirage à peine aperçu venant à nous par le pont de notre imagination.
- Tout de même, il nous surprendra. Sauf si… et elle vide son rêve d’un trait.
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