lundi 21 avril 2008
Nocturne
mardi 8 avril 2008
Préci’yeux
Reflet déteint - scelle l’âme ou. Retient l’eau trouble – du désir. Miroir sans tain, mouroir de l’envie. Marécage à désir et. Des œillets stagnent, prêts à être lancés – contre la paroi bleu-verre d’eau, s’écoule une opacité translucide. Tréfonds concave où l’on s’enivre, convexe et on divague. A l’âme sous globe où l’on s’englue, sanglot – désire tant et. Vitre cristalline.
samedi 8 mars 2008
gestes esquissés à main déliée
Soufflet
samedi 1 mars 2008
Petit crachin et bourrasques fantasques
Un grand bruit vient jeter des éclats bleus – le charbon est parti en électricité. Pourtant l’humeur des gens à l’intérieur semble avoir été noircie au fusain – mine de charbon. A défaut d’être dans le ciel, la lumière n’est pas dans leur visage – c’est tout juste si l’électro luminescence des loupiottes bleues se reflète dans leurs deux gouttes d’eau. Les clignements de paupière hébétés empêchent de s’en assurer. De chaque côté de la rame, la pluie nervure les vitres mais personne ne prend la peine de déchiffrer ces feuilles raturées - emportées par le vent.
Avance rapide hypnotisante. Il flotte une morne quiétude. Aucune surprise donc à voir une anguille de néons serpenter à côté du train – lorsqu’on est en sous-matin, il ne faut pas s’attendre à être escorté de dauphins. Excroissance lumineuse du train, elle le poursuit comme son ombre, tantôt bannière d’un ciel détoilé, tantôt anguille sur roche. Si j’étais d’humeur fantaisiste, j’irais lui faire calligraphier quelques ondulations à côté de la carpe d’Arizona Dream. Mais ne nous dispersons pas ; déjà il faut rappeler son absence pour la faire descendre en même temps que soi.
Le trajet est aussi homogène qu’un itinéraire tracé sur une carte. Une coquille d’impression cependant : un escargot immortalisé en une éphémère mosaïque.
Au bout du train, le trajet est pointless. Le point final sera un rond-point d’où repartir rondement. Pour ne pas rimer à rien, j’arrime cet instant à ma fantaisie débridée ; le final fantasque s’emballe et sème derrière lui le médiocre moyen. Pas même à pleurer, le ciel s’en chargera pour moi.
Sac sur le dos, recroquevillée sous la coquille de mon parapluie, mon imagination hermaphrodite extrait sa nourriture à petites visions gorgées d’eau – à ma suite, la pluie en bave d’envie. J’allonge ma traine et j’épouse le décor. Toiles des tréfonds et accessoires improbables : un arbre planté là a été oublié, les feuilles jaunies à la peinture pas encore sèches – imparfaitement accrochées d’un seul côté du tronc. Il fait tache que le décorateur ait oublié la sienne circonflexe. Sortie du jardin côté cours – soulevant mon parapluie au-dessus de l’embrasure, je tire mon chapeau au ciel bien bas et le salue tout haut. Blafard et grisé comme un clown lunaire il en pleure de rire. Les éclats en constellent le dôme de mon chapiteau et applaudissent à mes pitreries silencieuses.
Bien cachée à l’intérieur de moi, j’ai découpé deux fentes d’où je puis voir sans être vue, tapie dans l’obscurité. Sur scène, devant mes yeux, derrière le quai d’en face, les feuilles font tapisserie. Parfois le vent en fait danser une ou deux, s’arrête, et alors toutes, suspendues à son souffle, frémissent d’être sa nouvelle partenaire. Sur cette valse monotone traversent des allegros aussi vivaces que fugitifs ; ils zèbrent et écaillent ce mur des feuilles en lambeaux, affichent dans un soupir leur museau. En déchiffrant la partition, l’on s’aperçoit qu’ils sont tout une portée à tracer un labyrinthe effacé. Prise de museau dans une voie à sens unique – envoyez valser la prise de tête.
Le crescendo de la pluie fait tomber le rideau depuis le câble du chemin de fer, et l’étoffe ondule sous l’effet du vent. Les bourrasques brouillent tout, mon champ de vision ne capte plus, mes antennes ne reçoivent rien. L’écran grésille jusqu’à ce que l’on change de chaine. La rétine éberluée est lors mitraillées de bleu électrique et de rectangles étirés au-delà des 24 images par seconde réglementaires. Un arrêt sur image et je prends la lecture en marche. C’est l’épilogue, l’anguille est toujours là et la carpe remonte le cours des accélérations rapides avec entrain. Mais pour que l’on ne me prenne pas pour une folle, je reste aussi muette qu’elle.
lundi 25 février 2008
Une silhouette de papier
Une silhouette de papier. Pas une photographie publicitaire ou une tentative de découpage chinois. Non, une silhouette taillée dans l’épaisseur de la feuille, dans le poids de leur accumulation. Façonnée par de petits signes noirs qui courent en lignes droites et pourtant s’enroulent autour de la figure qui disparaît sitôt les signes défaits. Une silhouette qui a de la consistance et à laquelle on s’adresse volontiers, même si l’on ne voit pas ses yeux, que l’on peut lire à cœur ouvert, même si l’on peut aussi choisir de la renfermer dans ses liens d’écriture. Plus réelle que le papier même sur lequel les impressions tracent son code ADN. Une silhouette de papier.
Métaphores effilées
Bribes, fragments, éclats, murmures, miettes de mots. Multitude à revêtir par toutes les humeurs.
Au fil d'associations de sonorités ou de vagues idées nébuleuses. Un collier de métaphore dont on perd le fil... s'est effiloché...